CEMAC : la BVMAC plaide pour la création d’un guichet dédié pour capter les fonds de la diaspora

Les États de la CEMAC (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) enregistrent une faible mobilisation des investissements directs étrangers (IDE). Le constat a été posé par le directeur général de la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale (BVMAC), Louis Banga Ntolo, lors de son intervention à la Finance Week, autour du thème : « Attractivité des marchés des capitaux domestiques et promotion des IDE en valeurs mobilières ».
Pour inverser cette tendance et attirer davantage de financements, Louis Banga Ntolo propose la création d’un guichet dédié aux IDE, destiné notamment à faciliter l’investissement de la diaspora dans la région. « L’ouverture d’un guichet spécifique simplifiera le rapatriement des devises et rendra notre marché financier encore plus attractif, ce qui contribuera à son développement », a-t-il affirmé. Il rappelle que le marché financier de la CEMAC reste peu dynamique, malgré les différentes mesures mises en place pour séduire les investisseurs.
Lire aussi : La BVMAC allège les conditions d’accès en bourse pour les PME
La solution avancée par le DG de la BVMAC découle d’un constat préoccupant : la mobilisation des IDE dans la zone CEMAC peine à franchir la barre des 1 000 milliards FCFA, un niveau bien inférieur à celui observé dans d’autres régions du continent. À titre de comparaison, les transferts de fonds de la diaspora sénégalaise ont atteint 1 818 milliards FCFA (2,7 milliards d’euros) en 2023, soit plus du double des flux enregistrés dans les six pays de la CEMAC, estimés à 700 milliards FCFA, dont 400 milliards provenant de la diaspora camerounaise.
Cette faible dynamique concerne également les IDE en valeurs mobilières. Sur ce segment, les États de la CEMAC n’ont mobilisé qu’environ 20 milliards FCFA sur le marché financier en 2019.
La question reste donc posée : pourquoi les fonds entrent-ils si peu dans cette partie du continent, alors même que la tendance actuelle montre un regain d’intérêt des investisseurs pour les pays de la CEMAC ? « Lorsque nous échangeons avec les investisseurs internationaux, nous constatons qu’un certain nombre d’éléments les incitent à vouloir investir dans notre sous-région, malgré le fait que la plupart de nos États soient notés “B”, voire “C” par les agences de notation internationales », a expliqué Louis Banga Ntolo.
Lire aussi : Plus 1,5 milliards FCFA de transactions enregistrées ce jour à la BVMAC
